• BIBLIOGRAPHIE

    Monographie
    Andalousie, Rencontre
    Valais jours d’oeuvre, Payot, Lausanne

    Poésie
    Désert de mon âge, Payot, Lausanne
    La montagne et la mer, L’Age d’Homme
    Amour, La Douraine
    Le soir finit toujours par venir, La Douraine
    Fleurs de l’aube, La Douraine
    Au nom du coeur, La Douraine
    Mille solitudes, La Douraine
    Tandis que nos jours s’envolent, La Douraine
    Notre vie, L’Age d’Homme

    Lettre à l’Imaginaire
    Un hiver en arvèche, L’Age d’Homme
    La saison des mirages, L’Age d’Homme
    L’air et la flûte, L’Age d’Homme
    Les filles, La Douraine
    Les moineaux de l’arvèche, La Douraine
    Le partage, La Douraine
    Châtaignerouge, La Douraine
    Le bel aujourd’hui, La Douraine
    L’invitation au voyage, La Douraine
    Vent d’espoir au quartier latin, La Douraine
    Céline, La Douraine
    Non monsieur le directeur, La Douraine
    Tant qu’il y aura des jours, L’Age d’Homme
    Aux quatre vents, L’Age d’Homme
    Gens d’hier et d’aujourd’hui, L’Age d’Homme
    Les matins de plume, L’Age d’Homme
    Chers vivants, L’Age d’Homme
    Lutter pour vivre, L’Age d’Homme
    En 2003, rouvre, L’Age d’Homme

    Contes et aphorismes
    A-propos, La Douraine
    Le mulot, La Douraine


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    Préambule

       Dans la première moitié du vingtième siècle, vécurent des paysans-pionniers dans ce pays alpin, le Valais, où tout était encore à faire: des buissons-forêts à défricher, des torrents aux rivières à maîtriser, du Rhône à endiguer.... Une vie rude mais exaltante pour une génération pauvre, certes, mais  à l’idéal aventurier. On ne comptait pas sa peine ni son temps.  un peu comme au Far West, on sacrifiait tout (famille comprise parfois) à l’édification d’un domaine solide, rentable, que l’on se proposait de transmettre à sa progéniture. On avait ainsi le sentiment du devoir accompli; on laisserait une marque concrète de son passage sur cette terre.
       C’est dans ce milieu, et imprégné de ces valeurs, que grandit Germain Clavien. Rien ne le prédestinait à l’écriture dont il fera sa vie. On peut même facilement imaginer que si son père accepta qu’il fît des études, c’était pour en faire un ingénieur agronome qui saurait prolonger plus efficacement l’oeuvre entreprise.
       On mesure la désillusion, voire la colère des parents lorsque ce fils privilégié vint leur annoncer qu’il avait décidé de devenir écrivain. Non mais, voyez-vous ça ! On avait rêvé d’en faire un conquérant de terres neuves et on retrouvait un...gratte-papier!... Et obstiné en plus, par-delà ce qu’on aurait pu admettre comme foucade d’adolescent...
       Leurs destins semblèrent se séparer et comment aurait-on pu alors prévoir qu’un jour, bien plus tard, ce fils prolongerait cette épopée paysanne dans son oeuvre et lui donnerait une survie plus longue ?
       Comment imaginer que ce serait lui, “le traître”, qui habiterait la maison paternelle, pour d’autres récoltes, d’autres vendanges ?


       Le parcours particulier explique partiellement quelques aspects de la personnalité de l’écrivain Germain Clavien, sa sensibilité, d’abord: dès sa prime enfance, il fut en contact avec les naissances et les morts, de la ferme au village, du lapin du dimanche à la mort électorale du voisin ennemi, les travaux et les magies successives des saisons...
       D’où peut-être aussi sa farouche exigence de la vérité: à cette époque, on ne pouvait pas encore tricher, à la campagne, avec ce qui est : le temps, le terrain, les récoltes... Là, les meilleurs n’y sont pas nécessairement les beaux parleurs. Probablement n’est-ce pas par hasard que, dans Le bel aujourd'hui l’auteur laisse échapper : “J’achoppe sur un mot, sur une phrase, me demandant si c’est bien le ton, ou si ce que je suis en train de faire a vraiment de la valeur”.
       Relevons enfin, de ses origines paysannes, ce sens du travail quotidien, persévérant, malgré les inévitables intempéries du vécu. Tout au long de sa vie, l'écriture fut devoir, nécessité, tout autant que plaisir et très rarement divertissement. Sous la très apparente facilité d'expression, quels efforts, quels scrupules, quelle anxiété! D'où ce rêve, dans l'ouvrage précité: “Si les mots me venaient comme ces nouveaux cris d'insectes dans le concert unanime!”
       Une vie et une oeuvre si étroitement imbriquées qu'il pourrait sembler facile d'esquisser une biographie de l'auteur à la simple lecture de ses livres .Je l'ai cru pendant un certain temps; je pensais avec simplicité qu'il suffirait de tirer le fil autobiographique, chronologiquement, pour que tout s'éclaire.
      Au fil de ses pages, j'ai dû admettre que cette vie ne fut pas aussi linéaire, malgré une évidente cohérence. Dans l'imposante fresque que constitue la Lettre à l'Imaginaire, sous les confidences lyriques de ses poèmes, j'ai progressivement découvert un terreau plus complexe qui a nourri sa démarche: s'y retrouvent l'acidité de l'angoisse et son corollaire, l'impérieuse nécessité de l'action, sur lui-même, sur les autres et sur les événements.
       Ce qui a fait de lui un combattant de la parole, de la lumière, contre tout ce qui lui a paru dissimulation, hypocrisie, mensonge. Il a dit haut et fort, sans souci des convenances sociales, ce que l'on chuchote souvent prudemment. Certains y ont vu présomption, arrogance ou même délation.
       Et aujourd'hui plus que jamais, la personnalité de Germain Clavien continue de diviser les esprits. Auto satisfait pour ses détracteurs, honnêtement rigoureux pour ses admirateurs, les polémiques se sont succédé, ce qui prouverait à l'évidence que l'oeuvre et la personne ne laissent pas indifférent. Nous nous en ferons l'écho dans les extraits de presse que nous relèverons après la présentation de chaque livre et des pages choisies.

     

     

     


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